Le poteau et les menottes

Depuis le début de notre histoire, il a toujours été clair que j’allais être celle qui consignait. Entre documentaliste et anthropologue, exploratrice d’un univers dont j’ignorais tellement, j’ai commencé à remplir obsessionnellement des carnets que je lui offrais quand ils étaient finis. J’y ai tout mis, les avancées de mes recherches, mes doutes, mes angoisses, mes sentiments, le sexe aussi, évidemment. Les moments d’après, qu’il ne voyait pas. La fierté naissante de porter des marques de lui quand nous étions séparés. La naissance d’une soumise au jour le jour. D’un amour aussi. Lui, s’il est toujours présent, n’écrit pas. Il y a quelques jours, il m’a surprise avec le texte qui va suivre. Le récit d’un souvenir partagé que, pour ma part, je n’avais couché sur le papier.

 

« Chambre d’hôtel. Ailleurs, mais pas trop loin : Londres. En entrant je découvre les lieux, et, d’un côté du lit, un poteau, qui monte jusqu’au plafond. Inattendu. Inspirant.

Je prévois souvent à l’avance des scénarios pour Mathilde et moi. Mais je suis avant tout un dominant qui s’adapte : si nous sommes dans une cuisine j’en utiliserai les ustensiles, si je n’ai pas de bâillon mon caleçon le remplacera, et si je découvre une poutre verticale dans ma chambre d’hôtel…

J’avais pris mes menottes avec moi pour notre séjour. Mathilde s’est vite retrouvée debout, nue, cul tourné vers moi, menottée à cette poutre. Les poignets cerclés de cuir, impossible de s’échapper. L’aurait-elle seulement voulu, si elle avait pu ?

Sur la pointe des pieds, les fesses tendues, elle attendait. J’aime la faire patienter un peu, qu’elle sache ce qui va lui arriver, mais pas quand. Et puis le premier coup est tombé, zébrure rouge sur sa fesse blanche, puis un deuxième, un troisième… des coups jusqu’à la faire trembler, ses jambes qui se dérobent mais non, pas encore, je n’ai pas fini tu sais, reste perchée, écarte les cuisses que je m’y enfonce, je te vois, ton sexe ruisselle, crie autant que tu veux, personne ne nous entend ici.

J’ai attrapé ses cheveux, pour la cambrer un peu plus. Autour de sa gorge rendue j’ai enfilé ma ceinture ; d’une main, je pouvais serrer sa gorge, la faire manquer d’air quand mon autre main s’abattait sur son cul au rythme de ma queue s’invitant chaque fois plus profondément en elle. Elle a joui, plusieurs fois, comme elle fait toujours quand elle se soumet, et puis ma main libre à glissé entre ses cuisses : plus de fessées mais des caresses, mes doigts sur son clitoris. Alors est venu l’orgasme déchirant, caverneux, jaillissant des profondeurs de son bas-ventre, broyant mon sexe dans le sien. Elle s’est tu, elle qui crie toujours, avant de s’affaisser, s’agenouiller par terre, vaincue. Recroquevillée contre la poutre. Au sol, une large flaque, la trace de ses effusions, le résultat de mes sévices.

Notre séjour pouvait commencer. »

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