La paire de ciseaux

Je ne me souviens plus comment nous en sommes venus à introduire la paire de ciseaux lors de ce premier rendez-vous. Les jeux de lames n’ont jamais été mon fantasme et je suis plutôt du genre prudente alors cet élément, a posteriori, il me parait complètement fou. Mais c’est comme ça que nous avions écrit ce premier scénario. Il y avait la grande paire de ciseaux, la pointe aigüe qui me griffait la peau et mes sous-vêtements découpés. J’ai un souvenir très vivace du sexe après, de ma position exacte sur le bord du lit, allongée sur le ventre sur la couette, lui derrière moi. De cette culotte sacrifiée, je ne me souviens que du cadavre qui est resté sur la moquette pendant de longues heures avant que je ne trouve le courage de le jeter à la poubelle.

Je ne suis pas de celles qui carburent à la peur. Pourtant mettre dans les mains de ce dominant nouvellement rencontré un object dangereux pour mon intégrité physique me semble être un sacré risque. Cette fois là, j’ai marché à la peur. Je suis restée alerte longtemps, prête à réagir au cas où ça dégénérerait. J’ai lu American Psycho, vous savez, et je n’avais pas l’intention de retrouver ma tête au bout d’une perceuse. Bref, ce jour là, j’étais doublement tendue. Je crois que c’est ce qui a déclenché ce qui a suivi. Quelques heures après qu’il a passé la porte, j’étais épuisée. Nous continuions de jouer, ne pouvions nous résoudre à stopper le moment mais je sentais dans tout mon corps que j’étais à bout. Ma peau malmenée par les lames était réactive au moindre effleurement. J’ai découvert par la suite qu’il excellait à ce jeu d’agacer la moindre de mes terminaisons nerveuses sans laisser de marques ou si peu. Ma peau, sans en avoir l’air, était comme à vif.

Il s’est allongé sur le lit et je me suis installée sur lui. J’ai commencé à le chevaucher mais il n’était pas d’humeur pour une efficace simplicité. C’est alors qu’il a commencé à me fouetter les seins avec le manche de la paire de ciseaux. C’était dur et douloureux. Probablement la plus grande douleur que j’avais eu à supporter de la journée. Ça a duré longtemps. Avec une régularité de métronome, il me frappait la poitrine en m’intimant de jouir. Je luttais contre lui et contre moi, trouvant dans mes coups de reins la force de supporter la douleur cuisante qui me rendait folle. Et c’est à ce moment que j’ai craqué. Est arrivé un orgasme comme je n’en avais jamais ressenti, mon corps est devenu chaud puis froid, ma tête s’est vidée et toute la pièce est devenue cotonneuse. J’avais lutté si fort que le moment de la libération a été dévastateur. J’avais quitté mon corps. J’ai mis de longues minutes à revenir.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s