La brat

Une nouvelle fois, je ne sais pas ce qu’il m’a pris. Ce n’est peut-être pas très sérieux mais les meilleures décisions que j’ai pu prendre en bdsm l’ont été totalement à l’instinct. J’étais épuisée et organiser ensemble ce moment était une folie. J’étais déjà nerveusement à bout au quotidien. Mais je voulais ce moment avec lui. Je l’avais attendu tout le week-end, je ne pouvais accepter que ma faiblesse m’en prive. Et c’est peut-être ça que j’attendais de sa cravache ce soir là, que ses coups me libèrent, qu’elle me fasse crier et hurler, sortir de moi toute cette rage et ces angoisses contenues. J’avais besoin d’être vivante à nouveau. Et ça ne pouvait se faire que par le biais de Paul. Il allait me chercher là où j’étais enchainée, briser mes résistances une à une avec patience. Mais ce soir là, je n’ai pas joué selon nos règles. J’ai résisté. C’était la première fois. J’avais lu sur quelques textes sur les brats au début de mes recherches et j’avais trouvé étrange ce plaisir dans la provocation, me trouvant avec plus de satisfaction dans l’abandon total à mon dominant. Ce soir là pourtant, j’ai été une brat.

Je me suis installée à genoux sur le canapé, les mains jointes sur le dossier, mon cul cambré et tendu vers lui. Et avec toute la rage que j’avais en moi, j’ai refusé de répondre à chacune de ses questions, faisant juste non de la tête. Refusant de demander pardon pour une faute passée. Chaque fois, à la cravache, les coups pleuvaient. Il alternait les coups forts, en donnant de l’élan, à son bras, les coups d’effleurement et les petits coups localisés. Je gémissais et je criais, je cherchais à reprendre mon souffle coupé par la douleur. Et puis, en prenant un peu mon temps, je reprenais ma position. Il faisait à nouveau sa demande et se voyait opposer mon refus. J’ai fini par lui lancer des regards furieux qui n’étaient adressés qu’à moi, à lui jeter mes « non » au visage. Lui, ne se doutait pas que j’allais partir dans cette direction. Il s’est adapté à moi comme il le fait toujours, improvisant sa colère au début avant d’y trouver son plaisir « Je suis à la fois déçu de ta désobeissance et fier de ta force » mais je ne me trouvais pas encore assez forte.

À un moment, il m’a fait m’asseoir sur les tomettes « Ça fait du bien, le froid sur ton cul ? » Oui, ça faisait du bien. Il pensait m’amadouer, il m’a donné la force de prendre des coups supplémentaires. Je serrais les poings. À la fin, après les sanglots, la douleur était si forte que j’ai éclaté de rire. Et ce fou-rire c’est sous les coups de ceinture qu’il l’a éteint. J’ai tenu encore quelques minutes de plus, une dizaine de coups en plus et puis je me suis effondrée. J’ai piteusement soufflé « J’ai trop mal » avant de me remettre à pleurer. Il a aimé, je crois, le spectacle du maquillage coulant sur mes joues, mon cul rougi tirant déjà sur le violet. Je ne pouvais plus m’asseoir sans que le contact ne m’arrache un cri. J’étais défaite, mais contre son torse, comme libérée de moi.

Après, j’ai eu besoin de faire l’amour. J’ai eu besoin de sentir chaque centimètre carré de sa peau contre la mienne, même aux endroits échauffés par ses coups. Malgré ma déception de ne pas avoir su en supporter plus, je n’avais jamais été aussi loin.

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